En 2020, l’homme continue toujours d’enfermer les oiseaux dans des cages!

Ces dernières années, le nombre d’animaleries ne cesse d’augmenter. Pour cause, l’engouement grandissant des enfants et des parents pour les animaux de compagnie. Parmi eux, les oiseaux domestiques arrivent à la troisième place. Des animaux condamnés à vivre enfermés dans des cages, privés de leurs besoins biologiques…

Comme le disait si bien Jacques Prévert: Un seul oiseau est en cage et la liberté est en deuil. Nul doute que le poète avait raison, car tout ce que l’être humain trouve beau, il veut se l’approprier. Ainsi un oiseau né en cage croit que voler est une maladie…

Les oiseaux domestiques arrivent en troisième position, derrière les chats et les chiens, parmi les animaux de compagnie les plus nombreux en France : on dénombrait 5,75 millions d’oiseaux en 2014. Toutefois, il est rare qu’il n’y ait qu’un seul oiseau en cage, ce qui fait que le chiffre est loin de se calquer sur le nombre de foyers possédant des oiseaux.
Parmi les oiseaux domestiques qui plaisent le plus, le pinson, la perruche ou le perroquet sont les préférences des acheteurs, soit grâce à leur chant, soit du fait du plumage exceptionnel qu’ils arborent. En outre, ces animaux sont privés de leur liberté de voler, sous prétexte de leur beauté.

Avant de finir dans nos salons, ces oiseaux vivent cantonnés dans des cages minuscules ou ils peuvent tout juste sauter de barre en barre. Ils subissent le bruit, les lumières éblouissantes du magasin, les transports pénibles… tout ça pour servir d’animal de compagnie alors que paradoxalement la moitié d’entre eux ne sont même pas apprivoisés et ne pourront donc pas sortir de leurs prisons pour se poser sur vos épaules. Ainsi une question subsiste: pourquoi continuer d’enfermer des oiseaux, en 2020?

Tout pourrait s’expliquer par le fait que les animaleries ne connaissent pas de crise. Ce marché constitue un puissant moteur économique avec un chiffre d’affaires mondial de près de 100 milliards d’euros en 2017, parmi lesquels 30 milliards pour les États-Unis et 25 milliards pour l’Europe. En France , le pays reste le leader du marché européen. Selon l’étude menée par Prom’Anima, le marché de l’animalerie a connu une progression de 3 % ces dernières années.

En ce qui concerne le secteur des oiseaux, il poursuit sa croissance: +4.20% par rapport à 2000 elle représente près de 3.86% du marché total devant les petits mammifères. L’alimentation représente les 2/3 du marché de l’oisellerie soit 66% et se partage entre les aliments et les friandises. Dans le segments des accessoires, cages et volières occupent une position dominante.

3000 euros le perroquet:

En outre, la vente d’oiseaux est un marché qui rapporte, malgré l’horreur qu’il représente. Les prix des oiseaux varient, ils peuvent aller de 40 euros le diamant mandarin à 3000 euros le perroquet. Sans compter le coup des cages, qui peuvent aller de 39 à 300 euros. En France, 80% des ventes sont des canaris et des perruches. les oiseaux domestiques sont souvent issus des nombreux élevages du Benelux.

Du trafic d’oiseaux dans le monde entier:

À chaque année, beaucoup d’oiseaux exotiques sont capturés illégalement et, souvent mis dans des cages ou même dans des bouteilles de plastique pour un transport à l’étranger. Ce braconnage fait en sorte qu’au moins 131 espèces d’oiseaux sont menacées. Pourquoi les gens voudraient faire cela? Pour l’argent tout simplement. En effet, en Indonésie, 40% des Indonésiens gagnent moins de deux dollars par jour et l’élevage d’oiseaux en captivité semble, pour certains, la meilleure solution. Le 4 mai 2015, à la douane du port de Tanjung Perak à Surabaya, un commerce illégal de perroquets, dont des Cacatoès soufrés, a été découvert et arrêté. Ce trafic ne date pas d’hier… En effet, une partie des Indonésiens semble obnubilée par les oiseaux et veut à tout prix en posséder pour les domestiquer. Certains veulent aussi vendre les oiseaux à l’étranger. Ce sont en partie ces deux raisons qui alimentent le trafic d’oiseaux exotiques. Ce qui est étonnant, c’est qu’il y a plusieurs lois qui interdisent la capture d’oiseaux, mais beaucoup de gens tiennent à la gloire d’avoir un bel animal en cage.

La vente d’oiseaux exotiques peut aussi représenter un désastre pour l’écologie:

En plus d’entraîner du braconnage, la possession d’oiseaux domestiques peut mener à une catastrophe écologique: en déambulant dans certaines grandes villes européennes, vous aurez peut être remarqué des nuées d’oiseaux aux couleurs inhabituelles et aux cris stridents. Venus d’ailleurs, ces volatiles exotiques colonisent peu à peu les villes d’Europe. On compte des centaines, voire des milliers d’individus selon les métropoles. Ces exotiques perruches appartiennent à la famille des perroquets: en Europe, on trouve principalement deux espèces de perruches, la perruche à collier et la conure veuve. La première s’est établie plutôt dans le nord. Elle est facilement reconnaissable à son plumage vert pomme, son bec rouge et le collier noir qui lui donne son nom. Au sud du continent, on trouve plutôt la conure veuve, également de couleur verte mais avec du gris sur le front et la poitrine, ainsi que du bleu sur les extrémités de ses ailes.

Une importation humaine:

Si ces volatiles ont l’air de se plaire en Europe, ils sont originaires d’autres latitudes. La perruche à collier, par exemple, a une aire de distribution qui comprend les zones tropicales des continents africains et asiatiques. La conure veuve, elle, est originaire d’Amérique du Sud. Comment ces oiseaux exotiques se sont retrouvés sur le Vieux Continent, qui plus est en masse? C’est l’humain et son goût pour les oiseaux en cage qui est responsable de l’arrivée des perruches dans nos contrées. En France cet oiseau n’a pour l’instant aucun statut particulier mais il est surveillé car il serait soupçonné de déloger des espèces locales comme les étourneaux, les chouettes, les sittelles voire même les écureuils. Son impact sur les cultures n’est pour l’instant pas notable, cependant, on prévoit une multiplication par 10 de la population dans les 10 années à venir, ce qui pourrait alors avoir des conséquences gênantes d’un point de vue écologique.

Arrêtons d’acheter des oiseaux exotiques!

Récemment un accident de camion a levé le voile sur le background de la vente d’oiseaux en animalerie. Un camionnette espagnole venant de Slovaquie avec plus de 700 oiseaux entassés dans des caisses a fait des tonneaux sur l’A39. Des perroquets (cacatoès, amazones, eclectus) étaient empilés dans des caisses, des perruches entassées à 20 dans des boites de 50X30cm et 15cm de haut, c’est à dire 70cm² (7X10cm) par oiseau mesurant 20cm de long, pour une durée de trajet de 27 heures.

Pour ce genre de business, la mortalité « acceptable » est de 30%, c’est à dire qu’elle peut être supérieure sans empêcher les acteurs de la filière de continuer à s’enrichir. Parmi ces oiseaux, des perruches ondulées issues d’élevage, et d’autres espèces pouvant être issues de prélèvement dans la nature. Le pire, c’est que rien ne s’opposait à ce que ce « chargement » (satisfaisant à peu près au minimum légal pré-requis en matière de conditions de transport) soit restitué à son affréteur s’il le réclamait.

Cet exemple, n’en ait qu’un seul parmi tant d’autres concernant le sort des oiseaux destinés à la vente. En sachant tout cela, il n’est pas logique qu’à l’aube d’une société en faveur de l’environnement et du bien être animal, on ne se mette pas à boycotter ce genre de business. Qu’il s’agisse du trafic, des conditions d’importation, de vente et de détention, il n’y a vraiment rien de gratifiant à posséder ou acheter un oiseau exotique, si ce n’est le plaisir égoïste des yeux… ainsi, comme le dirait un certain Pierre Sakhinis: Si vous aimez le chant des oiseaux, n’achetez pas une cage, mais plantez un arbre..




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