Société: en 2019, on plonge toujours les homards dans l’eau bouillante, en France

Pour cuisiner un homard, on le plonge au préalable dans l’eau bouillante alors qu’il est encore en vie. Afin de remédier à cette mise à mort jugée trop cruelle, la Suisse exige depuis l’an dernier, d’assommer les homards, avant de les cuire. De son côté, la France, elle, ne s’est toujours pas remise en question à ce sujet.

C’est une question que les défenseurs des droits des animaux se posent depuis toujours: comment réagit réellement le système nerveux d’un crustacé lorsqu’il est ébouillanté? D’après une étude scientifique, les chercheurs seraient parvenus à conclure que les homards et les autres crustacés possèdent bel et bien des systèmes nerveux complexes et qu’ils ressentent la douleur au moment de les plonger dans l’eau bouillante.

« Même en couvrant la marmite et en s’en détournant, on peut entendre les cognements et claquements du homard contre la paroi. Ou encore les pinces de la créature raclant la marmite. En d’autres termes, le homard se comporte pas mal comme vous et moi si nous étions plongés dans de l’eau bouillante », notait dans les années 2000 l’écrivain et journaliste américain David Foster Wallace alors qu’il assistait au spectacle de milliers de homards cuisinés au Lobster Maine Festival, dans le Maine (Etats-Unis).

En conséquence, et dans le cadre d’une révision des lois relatives à la protection des animaux, le gouvernement fédéral suisse, avait interdit en mars 2018, la pratique culinaire consistant à plonger les homards vivants dans l’eau bouillante, considérée comme cruelle.

Suite à cette décision de nos voisins Suisses, les déffenseurs des animaux Français s’étaient immaginés que la France suiverait le même chemin. Mais depuis la considération envers les conditions dans lesquelles les homards sont tués dans les cuisines de France, n’a pas été revue…

En août dernier, PETA avait d’ailleurs lancé une campagne réclamant à Monoprix de ne plus vendre de homards en vie dans ses magasins.
Dans une vidéo tournée par l’association, « la caméra zoome sur les yeux d’un homard », racontait Anissa Putois, porte parole de PETA France. « C’est très perturbant. On a presque l’impression d’être face à un mammifère. » disait-elle.

En 2013, l’étude du chercheur Bob Elwood, biologiste à la Queen’s University de Belfast, affirmait que les crustacés pouvaient ressentir la douleur, après des expériences sur le comportement de crabes recevant des décharges électriques. Une réalité qui rejoint les propos d’Anissa Putois mais qui n’empêche pourtant pas les chefs Français de tuer les homards comme ils l’ont toujours fait.

Depuis la décision de la suisse, le débat avait été lancé par les associations de protection animale en France. Ce à quoi, Arnaud Lallement, à la tête de L’Assiette Champenoise, avait exprimé « On ne m’a jamais demandé si je torturais les homards », Quand vous êtes jeune et que vous décidez de faire ce métier-là, que vous entrez faire des stages dans des grandes maisons qui ont deux ou trois étoiles, on vous apprend à cuire le homard comme ça, et c’est ce que je fais », avait-il tranché, avant de rajouter « Le plus catastrophique, ce serait si on nous interdisait de transporter des homards vivants. Si vous le tuez et que vous le transportez mort, arrivé dans votre assiette, le homard deviendra tout mou. Tant qu’on pourra l’avoir vivant jusqu’à l’entrée de nos cuisines, c’est royal. »

Des propos partagés par d’autres chefs et qui ne laissent toujours pas entendre à ce jour, que la situation pourrait changer…

Il serait pourtant grand temps que nos cuisines Françaises pensent à revisiter les méthodes qu’on leur à apprise d’antan! Car la Suisse n’est pas la seule à nous suggérer de prendre exemple. Rappelons qu’il est déjà illégal de faire bouillir des homards conscients en Nouvelle-Zélande et à Reggio Emilia, une ville du nord de l’Italie. Il serait donc plus que bénéfique pour la cause animale à l’échelle mondiale, que la France, pays de la gastronomie, se mette à son tour à trouver une alternative à ces méthodes barbares. Pourtant depuis la décision de la Suisse en 2018 et depuis que cette question avait été soulevée en ce qui concerne la France, le débat s’est essoufflé et a fini une nouvelle fois aux oubliettes. Un triste constat pour les crustacés qui continueront donc à mourir ébouillantés vivants dans nos cuisines…

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