Les ravages catastrophiques et inutiles de la viande

Aujourd’hui, la production et la consommation de viande ne cesse de se démocratiser et d’augmenter dans le monde, ce qui amplifie ses effets déjà catastrophiques et inutiles dans les pays occidentaux. Voici un aperçu de ces ravages.

La production mondiale de viande a quintuplé entre 1950 et 2000. Elle était de 229 millions de tonnes en 2001 et pourrait atteindre 456 millions de tonnes en 2050 tandis que la production de lait passerait de 580 millions de tonnes à 1043 millions de tonnes sur la même période au regard de la croissance démographique et de l’évolution des habitudes alimentaires.

En moyenne mondiale, un être humain consomme moins de 100 g de viande par jour. Dans les pays développés, la consommation est supérieure à 180 g par jour alors que dans les pays en développement elle n’est que de 72 g, avec de fortes disparités régionales (FAO, 2016).

En ce qui nous concerne, un Français consomme plus de 84 kg de viande par an (124 kg par an aux Etats-Unis), cela représente l’abattage de plus d’un milliard d’animaux par an (dont 97 % de volailles) (FranceAgriMer, 2017). A l’échelle mondiale, 75 milliards d’animaux sont abattus chaque année pour être plus ou moins consommés – le gaspillage alimentaire étant considérable (FAO, 2016).

Conséquences directes:

La production mondiale de viande (317 millions de tonnes en 2016), est en constante augmentation, tandis que la production de lait était de 818 milliards de litres en 2015. Or, pour entretenir autant d’animaux (pour la viande et le lait), la demande en céréales augmente de manière considérable (les céréales étant de plus en plus l’aliment de base du bétail.)

De ce fait, les pâturages et les terres arables consacrés à la production de fourrages représentent près de 80 pour cent de l’ensemble des terres agricoles mondiales. Les cultures fourragères occupent un tiers de l’ensemble des terres arables, tandis que la superficie totale des terres utilisées pour le pâturage équivaut à 26 pour cent de la surface terrestre libre de glace.

Un constat affligeant quand on sait que pour produire un kilo de viande, il faut environ 7 kilos de céréales, céréales qui auraient pu donc nourrir 7 fois plus si elles étaient consommées directement et même participer à soulager la faim dans le monde!
Car oui, en élevage industriel, la production d’un kilogramme de bœuf absorbe par exemple 13.500 litres d’eau. C’est bien plus élevé que la consommation nécessaire à la culture de céréales telles que le riz (1.400 litres) ou le blé (1.200).

En 2002, un tiers des céréales produites et récoltées dans le monde avait directement servi à nourrir le bétail. Cela représentait au niveau mondial 670 millions de tonnes, soit assez pour nourrir trois milliards d’êtres humains…. Il y a de quoi méditer!

Déforestation, pollution…
Selon le dernier rapport de Greenpeace, intitulé « Mordue de viande », l’industrie du soja a plus que doublé en 20 ans, répondant en cela à une demande mondiale d’aliments destinés aux élevages industriels. Un boom de la production du soja qui n’est pas sans conséquences pour la planète, pour les écosystèmes et par ricochet pour le réchauffement climatique. En effet, chaque année, 330 millions de tonnes de graines de soja sont produites dans le monde (principalement pour nourrir le bétail.) alors que la production de soja contribue à la déforestation…

Le manque de terres agricoles pousse aussi à la déforestation : 91 % des terres « récupérées » dans la forêt amazonienne servent ainsi aux pâturages (ou à la production de soja qui nourrira plus tard le bétail.) Et moins de forêt, c’est moins d’émissions de dioxyde de carbone absorbées (à ce jour, l’élevage est responsable de 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre et de 63 % de la déforestation en Amazonie.)

Une pollution qui ne connaît plus de limites:
En effet, l’élevage serait l’une des causes principales des problèmes environnementaux majeurs d’après un rapport de la FAO il serait responsable à grande échelle du réchauffement de la planète, de la dégradation des terres, pollution de l’atmosphère et des eaux ainsi que de la perte de biodiversité.

CO2:
Par exemple, la consommation de viande et l’élevage destiné à l’alimenter représentent la première source d’émissions de CO2 sur la planète, devant les transports. Ce gaz est du non seulement à l’expansion des pâturages et des terres arables pour les cultures fourragères, mais aussi à l’utilisation de l’énergie comme carburant, comme chauffage des bâtiments d’élevage… En France, la part agricole dans les émissions françaises totales est de 14 %. L’intensification de l’effet de serre due à l’accumulation des émissions anthropiques de dioxyde de carbone représente 60 % du renforcement anthropique total de l’effet de serre

Méthane:
De plus l’élevage est aussi grandement responsable des émissions de méthane qui participent elles aussi au réchauffement climatique. 37 % des émissions anthropiques de méthane sont produites par l’élevage. La source principale de méthane est la fermentation entérique des ruminants. Mais aussi la fermentation des déjections animales dans les fosses de stockage émet un tel gaz. Ces deux éléments représentent environ 80 % des émissions de méthane agricole. En France, la part agricole dans les émissions françaises totales est de 70 % ! Ce gaz serait actuellement responsable de 18 % à 19 % de l’effet de serre total.

Ammoniac:
Enfin, il ne faut pas oublier non plus que l’élevage est responsable aussi des émissions d’ammoniac dans l’atmosphère!

En effet d’importantes sources de ce composé chimique, l’ammoniac, NH3 proviennent essentiellement de la production de bétail et d’engrais industriels. Il est émis par les déjections des animaux et les engrais azotés. Son excès dans l’environnement contribue à perturber les écosystèmes ainsi que le climat et sa répartition en particules fines pénètre dans les voies respiratoires. Une pollution largement sous-estimée, et qui soulève donc une nouvelle fois la responsabilité écologique des élevages intensifs ainsi que la production industrielle d’engrais. En clair, l’élevage est l’ennemi du climat!

A l’échelle nationale, les activités agricoles sont à l’origine du quart des émissions de gaz à effet de serre. Dans cette fraction l’élevage représente un tiers dont l’essentiel est dû aux émissions de méthane, lui-même étant principalement issu des fermentations entériques des bovins.

Conséquences concernant également l’utilisation de l’eau:
Au niveau de l’eau, environ 5000 litres d’eau sont nécessaires pour produire 1000 kcal d’aliments d’origine animale contre 1000 litres si l’origine est végétale.

En effet, l’élevage nécessite des quantités colossales d’eau : pour produire 1 kg de bœuf, il faudra utiliser 15500 litres d’eau contre seulement 900 litres pour 1 kg de pommes de terre. Il s’agit d’un vrai gâchis!

L’élevage est la plus grande source sectorielle de polluants de l’eau, avec les déchets animaux, les antibiotiques, les hormones, les produits chimiques des tanneries, les engrais et les pesticides utilisés pour les cultures fourragères et les sédiments des pâturages érodés.

Maltraitance animale:

Enfin, il serait impossible d’aborder les méfaits de la consommation de viande sans évoquer les conditions des animaux, qui souffrent de maltraitance et de morts brutales, pour répondre malgré eux à cette demande croissante.

Car en effet, les conditions d’élevage, de transport et d’abattage, souvent méconnues du grand public, sont bien souvent inacceptables et beaucoup semblent oublier qu’il est impossible de produire une telle quantité de viande sans entasser les animaux, les maltraiter et les conditionner à des vies de marchandises sans besoins spécifiques à leur épanouissement.

En France, plus de 80% des animaux sont élevés en bâtiments fermés, parqués en cage ou sur des caillebotis sans accès à l’extérieur. Ces animaux qui sont élevés en zones confinées, sont dotés d’une variabilité génétique pauvre, soumis à une croissance rapide; ce qui crée des facteurs propices pour l’émergence et la propagation de phénomènes pathogènes.

En résultat, non seulement la viande pollue, mais en plus sa demande croissante fait souffrir les animaux d’un manque total de considération et oblige les filières à produire de la viande malade (engraissée, médicamentée) que vous consommerez ensuite. Rien à voir avec la consommation de viande que les humains avaient autrefois.

Il serait donc temps, en ayant conscience de tous ces éléments de se créer une alimentation éthique et de reconnaître qu’il n’ y a aucune nécessité nutritionnelle à dévorer à outrance autant de viandes, produite dans de telles conditions et qui engendre de telles conséquences, sans quoi nous courrons à la catastrophe écologique et morale.

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