Des juments maltraitées et saignées pour satisfaire les laboratoires français

Malgré une dénonciation massive par les associations animalistes, le scandale des fermes à sang en Amérique du Sud perdure. Une nouvelle campagne vient d’être lancée pour tenter de mettre fin à cette pratique sordide.

Le terme « ferme à sang » désigne principalement des fermes à juments situées en Amérique du Sud. Le concept de ces « structures » consiste à inséminer des juments et à les avorter pour récupérer une hormone (eCG) produite dans leur sang pendant l’état de gestation. Cette hormone sert ensuite à fournir des laboratoires (notamment français) qui se servent de l’eCG, pour permettre de faire ovuler sur commande, les brebis, chèvres et truies des élevages de France.

En Argentine et en Uruguay, les lois de protection animale sont quasi-inexistantes. Les fermes peuvent donc y produire de l’eCG à bas coût, sans se soucier des juments. Les avortements systématiques dans un but purement économique sont contraires à l’éthique. Les prélèvements de sang massifs et répétés mettent à mal la santé des juments.

Révélé en octobre dans Libé, le scandale des «fermes à sang» avait choqué nombre d’éleveurs et de vétérinaires, explique Loïc Dombreval, député LREM et président du groupe d’études sur la condition animale à l’Assemblée.

« De telles pratiques ne seraient pas tolérées en France. Il est donc inadmissible que des laboratoires puissent commercialiser, sur notre territoire, des médicaments produits dans ces conditions. » s’indigne Welfarm, (association dédiée à la protection des animaux de ferme) sur son site.

Les images et vidéos révélées en exclusivité ci-dessous ont été prises entre janvier et avril dans cinq «fermes à sang» d’Uruguay et d’Argentine. Elles prouvent que ces prélèvements se déroulent toujours dans des conditions choquantes. Tel est le constat établi par les deux associations de défense animale suisse (1) et allemande (2) qui ont mené leur enquête sur le terrain, et dont le rapport est relayé en France par Welfarm. Les vidéos, tournées en caméra cachée, montrent la brutalité avec laquelle ces juments gestantes se voient prélever plusieurs litres de sang.

Les juments sont avortées à quatre mois de gestation, lorsque leur organisme ne sécrète plus la précieuse hormone et que leur sang n’est plus jugé digne d’intérêt. Elles sont ensuite très vite réengrossées.

«Je suis récemment intervenu devant les laboratoires pour leur rappeler l’importance des enjeux autour du bien-être animal. Il faut que les labos s’appliquent à eux-mêmes comme à leurs fournisseurs des règles correspondant à ces attentes sociétales. Et la première chose à faire pour l’eCG, c’est d’abandonner les avortements.» Explique Loïc Dombreval.

À ce jour, devant l’horreur suscitée en France par cette pratique (avortements systématiques, juments épuisées, fœtus de poulains morts gisant au sol…), les laboratoires MSD, IDT et CEVA ont renoncé à se fournir dans les fermes à sang d’Amerique du Sud. En revanche Hipra, laboratoire espagnol, n’a jamais répondu aux solicitations de Welfarm.

4 réflexions sur “Des juments maltraitées et saignées pour satisfaire les laboratoires français

  1. C’est lamentable de voir cela , il fait à tout pris les faire fermé c’est de la torture animal clairement. C’est atroce la souffrance de ses pauvres animal sans défence.

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