232 pesticides et perturbateurs endocriniens ont été détectés dans les lacs et rivières de France

Une nouvelle étude de l’ONG Générations futures a analysé les données publiques sur la pollution des eaux en France. Sur son site Internet on peut y voir une série de cartes qui contiennent les résultats des prélèvements réalisés dans les départements français. Des traces de nombreux pesticides suspectés d’être des perturbateurs endocriniens ont été identifiées.

Les perturbateurs endocriniens sont des substances ou des mélanges chimiques capables d’interférer avec le système hormonal. Ils peuvent avoir des effets négatifs sur la croissance, la fertilité, le comportement et être à l’origine de certains cancers. Ces substances peuvent être présentes dans des détergents, des plastiques, des cosmétiques, des textiles, des peintures et des pesticides.

Afin d’avoir les données les plus complètes possibles, l’ONG est remontée jusqu’en 2015. Ces recherches ont permis à l’association de répertorier dans son étude un total de 232 substances actives de pesticides ou de métabolites perturbateurs endocriniens. Un rapport qui est basé sur des données officielles des agences de l’eau françaises regroupées dans la base de données Naïades.

« Les trois substances qui arrivent le plus fréquemment en tête sont le glyphosate, l’atrazine-déséthyl (NDLR : l’atrazine est un désherbant interdit depuis 2003), le métolachlor », un herbicide, précise Générations futures. L’association a dressé une série de cartes disponibles sur son site pour montrer les départements les plus touchés et qui sont notamment : la Manche, le calvados, la Seine-Maritime et le Bouches-du-Rhône.

« Ces données montrant l’existence d’importants cocktails de pesticides perturbateurs endocriniens suspectés dans les eaux de surface de nombreux départements français sont inquiétantes, a déclaré François Veillerette, directeur de Générations Futures, dans un communiqué. Elles montrent que la chimie agricole menace la biodiversité aquatique. Ces résultats sont également à interpréter comme l’indicateur d’une contamination importante de l’environnement dans lequel vivent les humains. » L’association a donc demandé des mesures politiques afin de réduire l’usage de ces substances perturbatrices.

Selon l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), les perturbateurs endocriniens représentent aujourd’hui un enjeu majeur pour le corps médical et les pouvoirs publics. À cause de leurs conséquences biologiques mal appréhendées, parmi lesquelles, celles sur la fertilité, la thyroïde, ou leur rôle dans le développement des cancers.

Une faible prise de conscience des politiques:
En 2014, une stratégie nationale sur le territoire français avait été lancée afin de réduire l’exposition de la population aux perturbateurs endocriniens, mais ce fut un échec. De ce fait, une seconde stratégie a été discutée le 8 février 2019  » notant certaines avancées, mais constatant aussi un certain nombre de faiblesses ». Les auteurs du rapport notent malgré tout que lors des réunions, les politiques sont trop eu présents.

« Il est pourtant plus que temps d’agir ! Notre environnement et la biodiversité souffrent de ces expositions à de trop nombreux polluants », conclut le rapport.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s