Réchauffement climatique: et si les glaciers libéraient des résidus radioactifs?

Des chercheurs redoutent les conséquences de retombées radioactives d’accidents nucléaires civils et d’essais militaires qui sont emprisonnées dans les glaciers à travers le monde. Selon eux, il se pourrait que ces résidus soient libérés par la fonte des glaces liée au réchauffement climatique.

L’équipe internationale de scientifiques a cherché récemment la présence de retombées radioactives dans les sédiments à la surface de glaciers dans l’Arctique, en Islande, dans les Alpes, le Caucase, l’Antarctique et l’ouest du Canada. Ils ont découvert des résidus radioactifs sur les 17 sites étudiés, souvent à des concentrations au moins 10 fois supérieures aux niveaux relevés ailleurs. « Ce sont les niveaux les plus élevés mesurés dans l’environnement en dehors des zones d’exclusion nucléaires », a expliqué Caroline Clason, de l’université de Plymouth.

Quand des éléments radioactifs sont relâchés dans l’atmosphère, ils retombent sur terre par des pluies acides, et peuvent être absorbés par les plantes et le sol. Mais quand ils tombent sous forme de neige et s’installent sur la glace, ils forment des sédiments plus lourds, qui s’accumulent dans les glaciers.

Avec le réchauffement climatique et la fonte des glaciers, les chercheurs s’inquiètent particulièrement de l’entrée dans la chaîne alimentaire d’un des résidus potentiellement les plus dangereux, l’américium, issu de la dégradation du plutonium et qui a une demi-vie de 400 ans (contre 14 ans pour le plutonium). « L’américium est plus soluble dans l’environnement et émet plus de radiations alpha », souligne Caroline Clason.

Enfin, même si l’éventuelle contamination de la chaine alimentaire n’a pas encore été assez étudiée, les résultats de ces recherches prouvent bien que notre activité nucléaire pourrait aussi devenir un des marqueurs de l’Anthropocène, l’ère géologique qui porte l’empreinte des activités humaines sur Terre.

« Cela prouve que notre héritage nucléaire ne disparaît pas, il est toujours là », résume Caroline Clason.

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