Et si on parlait de Terrianisme?

On appelle « Terriens » les habitants de la Terre, tous confondus, lorsqu’on projette l’idée qu’une autre forme de vie extraterrestre puisse exister en comparaison à la notre, dans l’univers. Ainsi lorsqu’on parle de terrianisme (habitants de la Terre), on ne fait plus de distinction spéciste entre les espèces Terriennes. Ce terme a donc une importance majeure à jouer dans la nouvelle image qu’on se fait des animaux. Une image plus empathique, qui reconsidère peu à peu leur existence dans le but un jour de ne plus distinguer l’importance de nos vies en se fiant à nos capacités cognitives.

Depuis quelque temps, on entend parler d’antispécisme. Un courant de pensée philosophique qui a du mal à amener sa réflexion en politique ou sur le plan médiatique, en raison d’un caractère abolitionniste que la société ne semble pas prête à entendre.

Pourtant ce concept a bien sa place dans nos réflexions actuelles en termes de morale. En effet, celui-ci considère que l’espèce à laquelle appartient un animal n’est pas un critère pertinent pour décider de la manière dont on doit le traiter et de la considération morale qu’on doit lui accorder. L’antispécisme s’oppose à ce droit fondamental de dominer les autres espèces Terriennes sous prétexte qu’on appartient à la race humaine, dite « suprême » en raison de nos capacités.

Cette réflexion philosophique en a d’abord laissé sceptiques certains, qui y voyaient une comparaison sociale entre les hommes et les « autres » sans distinction, comme si l’antispécisme laissait entendre qu’on allait donner le droit de vote à une poule. Du moins c’est ce que voudraient croire ceux qui refusent de revoir leur considération pour les animaux.

Pourtant l’homme aurait tendance à oublier que oui, il est aussi un animal. Car si d’un point de vue grossier notre potentiel à faire voler des fusées dans l’espace ou cuir notre nourriture, nous rend différents de l’animal (pour grossir le tableau) sachez que l’on en reste pas moins des Terriens. Le mot animal est à prendre au sens le plus large, celui du règne. Le règne animal inclue l’homme.

Alors pour ceux qui seraient choqués à l’idée de considérer l’animal comme une personne, vous ne devriez cependant pas pouvoir contester un concept qui perçoit l’homme et l’animal comme des Terriens, puisque c’est ce que nous sommes.

En effet, aux yeux d’un hypothétique extraterrestre tout droit débarqué de la planète Mars, il se pourrait qu’un homme et une vache ne soient rien de plus ni moins que des habitants de la Terre, sans distinction et que cette différence que l’on revendique, n’est rien d’autre qu’un concept social.

Femme en inde qui allaite un bébé gazelle en même temps que son enfant

Pourquoi parler de terrianisme au lieu d’antispécisme?
Aujourd’hui, il serait utile de se poser la question de l’utilité du mot Terrien dans notre civilisation. Un mot qui a perdu du sens vraisemblablement puisqu’on ne l’emploie presque plus, au détriment du mot humanité. Pourquoi donc? La réponse se trouve surement dans notre ego.

Pourtant il serait intéressant de prendre cette pensée développée par l’antispécisme et d’essayer de la nommer « terrianisme » en référence aux habitants de la Terre, pour se souvenir de nos racines. De plus le mot « antispécisme » fait peur en raison du terme « anti » qui désigne catégoriquement quelque chose d’abolitionniste. En revanche, si l’on souhaite revendiquer l’égalité entre les espèces, il serait plus logique de parler de notre condition de terriens (qui est la seule chose qui nous relie les uns aux autres.)

En effet, jusqu’ici nous avons tendance à présenter ce monde comme celui des humains, alors qu’en réalité, il est celui des Terriens. Nous ne pourrions former un tout et maintenir l’équilibre terrestre, sans les autres animaux alors pourquoi notre civilisation s’est-t-elle bâtie sur la dominance envers les autres espèces?

Depuis des millénaires nous revendiquons la possession de ce monde, en prenant le reste de ses habitants en otages. Nous les classons depuis toujours au rang d’esclaves, de sous-êtres ou encore de marchandise vivante… Des tristes rôles pour des êtres vivants qui étaient pourtant nés afin de partager ce monde avec nous (malgré eux).

Ainsi, on prive de droits le restant des Terriens de la Terre, les autres « animaux » qui n’appartiennent pas à notre rang, et nous perturbons, nous brisons cet équilibre tant nécessaire au bon fonctionnement de notre planète. Tout ça sous quel prétexte? Celui d’avoir su faire du feu et se confectionner des vêtements? D’avoir su conquérir le monde et exploiter ses ressources? Pas de quoi se la jouer pourtant quand on réalise que paradoxalement nous le détruisons peu à peu.

En effet, aujourd’hui nous devrions nous poser les bonnes questions: qu’est-ce que cela nous aura apporté d’avoir exploité et méprisé les autres habitants de ce monde, sous prétexte qu’ils ne sont pas humains? Qu’ils ne sont pas « comme nous », physiquement et cognitivement, alors qu’ils sont pourtant eux aussi des habitants de la Terre, coincés au milieu de l’espace sur ce gros cailloux flottant.

Force est de constater que nous approchons de la sixième extinction massive, que la nature se déchaîne et que l’équilibre s’effondre, y’a-til quelque chose de gratifiant dans le fait de glorifier les vies humaines face à toutes les vies Terriennes? Non, la réponse est pourtant claire, pas besoin d’un dessin…

Évidemment il ne s’agit toujours pas de donner le droit de vote à une poule, si ça peut rassurer les moins convaincus; mais simplement d’accorder un statut de Terrien à l’ensemble des êtres vivants que cette planète abrite. Il ne s’agirait donc plus de se battre contre la distinction des espèces, mais plutôt de revendiquer notre point commun, qu’est celui d’habiter la Terre et constituer des droits « Terriens », pour tous.

En revanche bien sûr, respecter tous les êtres vivants de ce monde, ne signifie pas renier ou remettre en cause le cycle de la vie, tel qu’on le connaît. En effet, depuis la nuit des temps les vies dépendent des unes des autres pour refaire indéfiniment le même cycle en boucle, et il serait utopique de croire qu’on pourrait toutes les obliger à se côtoyer et se respecter. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le lion dévore la gazelle.

Mais ce qu’on aurait tendance à oublier, c’est que dans le monde du lion, la gazelle vit et meure libre… Pourquoi? Parce que jusqu’à preuve du contraire, aucun lion n’ira jamais inventer de lois dont la gazelle ne fera jamais partie. Aucun lion ne mettra non plus de chaines autour du cou de sa proie et ne disposera d’assez de mépris pour abuser des gazelles, les marchander et détruire leur dignité d’être vivant juste pour le plaisir de dominer ou d’avoir des loisirs égoïstes sous prétexte qu’il se définit comme un être supérieur. Non, aucun lion ne réduira jamais la vie entière d’une gazelle à une vie de souffrance et d’esclavagisme.

Alors, qu’on se le dise, peut-être que s’ils en avaient l’idée et les moyens intellectuels, les lions ne se priveraient pas pour le faire (après tout, on a tous le droit d’être un salaud) mais si justement tous les Terriens de ce monde revendiquaient notre supériorité, imaginez l’impact sur l’écosystème, la biodiversité et le climat! C’est même une aubaine pour ce monde que les animaux ne soient pas aussi tordus que nous et que chacun (excepté l’humain) reste à sa place.

Car oui, malheureusement nous sommes à ce jour la seule espèce capable de produire des ressources ou d’exploiter des vies et la seule espèce responsable des impacts négatifs sur la planète.
Si nous ne contenons pas cette dangereuse capacité, si nous n’apportons pas un minimum de compassion envers les autres Terriens, alors nous condamnerons pour toujours l’équilibre Terrestre, propre à notre monde.

C’est ça la notion de « terrianisme », ce mot qui se rapporte à la terre, aux habitants de ce monde et qui définit cet équilibre. C’est notre force commune à tous, peu importe les écarts physionomiques ou intellectuels de chacun. Ce que revendiquent les antispécistes, c’est une considération de nos amis Terriens en raison de notre potentiel social et intellectuel. Nous devons utiliser nos capacités pour faire régner l’équilibre et non pas pour le perturber comme nous le faisons.

Alors posons-nous enfin la question, qui a-t-il de si absurde pour que cette notion de terrianisme ne soit pas prise en compte dans nos choix politiques ou dans nos débats médiatiques? Je vous le demande…

Peut-être parce que l’humain si égoïste aurait tout à perdre à cesser de se comporter en être privilégié sous prétexte qu’il a su détourner un monde fait pour « tous », en un monde fait pour « lui ».

En tout cas une chose est certaine, lorsque nous nous rendrons compte de l’ignominie de nos comportements égocentriques et désastreux, il sera trop tard.

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