Animalerie: Que deviennent tous les animaux invendus?

En France, si l’on a tendance à se battre depuis longtemps pour réglementer la vente de chiens et de chats de races en animalerie, qu’en est-il pour tous les autres animaux (les « NAC », autrement appelés « nouveaux animaux de compagnie »), entassés massivement dans ces dernières? Qu’il s’agisse d’oiseaux privés de liberté derrière des barreaux, de poissons prisonniers dans des aquariums ou encore de rongeurs souffrants de pathologies, qu’advient-il de ces êtres vivants parfois invendus mais qui disparaissent pourtant des magasins au bout de quelques mois?

Zoom sur la question:

En effet, les rongeurs et les lapins ainsi que les furets se vendent très bien tant qu’ils sont bébés, seulement une fois à taille adulte, c’est fini. Alors quel sort les attendent?
Qui n’a jamais entendu ces rumeurs glaçantes à propos de rongeurs placés vivants dans des frigos? De rats jetés aux serpents une fois leur age arrivé à la limite?

Aujourd’hui, bien que personne n’ose porter plainte, RéfracTerre a fait pour vous un condensé de témoignages d’anciens employés pour tenter de répondre à ces interrogations…

Tout d’abord, nous tenons à préciser que ne nous visons aucune enseigne en particulier et que nous ne remettons pas en cause l’idée que certaines animaleries puissent bien traiter leurs animaux. Les fait relatés dans cet article s’intéressent uniquement à des témoignages d’anciens vendeurs qui ont quitté les navires d’enseignes toutes différentes et ce en raison de leur expérience traumatisante. En effet, si certains d’entre eux ont atterri dans des animaleries, par amour naïf des animaux, beaucoup en sont ressortis avec des interrogations éthiques et des remords…

Gros plan sur un business qui transforme des vies animales en marchandise:
Avant toute chose, d’un point de vue moral, il faut savoir se poser la question: comment un magasin peut prétendre bien traiter des animaux, si les stocks de ces derniers répondent à des lois commerciales? Oui, oui, vous avez bien entendu. Il faut savoir qu’un animal en animalerie bénéficie d’une course contre la montre, comme s’il était doté d’une date de péremption et qu’il est également étiqueté d’un prix qui doit être rentable. Ainsi ces animaux débarquent dans des camions en provenance d’élevages (qui pratiquent parfois des conditions de productions macabres ou de la consanguinité), le tout emballés dans des cartons comme de vulgaires objets importés/entassés et sont ensuite livrés, parfois « balancés » par les livreurs pour atterrir leur course dans les magasins. L’une de ces anciennes vendeuses anonyme raconte qu’« il lui arrivait de ramasser les poissons à même le bitume, car certains livreurs qui arrivaient après les heures de réception, jetaient les containers en polyester par dessus les grilles.»
Une réalité impensable et pourtant réaliste, bien loin du joli rayon aquatique que l’on pense si soucieux de ses animaux à écailles.

Des chartes de confidentialité pour couvrir les faits:
Si vous vous demandez pourquoi aujourd’hui aucune image de caméra cachée n’a encore fait surface, c’est tout bonnement pour les raisons suivantes: premièrement, tous les employés des rayons animalerie ne sont pas au courant de ce que font leurs supérieurs des animaux, secondement, peu d’entre eux auraient les moyens de cacher une caméra sur eux à cause de leurs tenues. Troisièmement, il arriverait dans certains cas que les enseignes leur fassent signer des closes de confidentialité, contraignant ainsi certains employés à redouter des poursuites en cas de fuites.

Ce que l’on sait du sort des animaux victimes:
Malgré le manque flagrant de preuves matérielles, cela fait des années que les rumeurs circulent sur les sorts des animaux. Des rumeurs qui ne sont pas si infondées quand on se penche un peu mieux sur la rentabilité de ces rayons. En effet, les victimes les plus courantes seraient les rats, souris et hamsters. Vu leur faible coût d’achat, la pratique serait de s’en débarrasser à tout prix une fois trop âgés, ce qui revient à être « logique » dans le monde infecte de l’exploitation animale. Certains organiseraient des combats entre vendeurs pour s’amuser, obligeant ainsi des rats adultes à se confronter à des hamsters ou furets agressifs. Tandis que d’autres finissent directement et le plus couramment au congélateur. Motif avancé pour une telle torture: « ils entrent en hibernation et ne se sentent pas mourir. »

De plus, selon d’autres témoignages, pour éviter de congeler toutes ces souris et autres petits rongeurs invendus, les responsables de l’animalerie qui ne peuvent s’encombrer à euthanasier de si petites bêtes se contentent alors de les enfermer dans des sacs et de projeter ces derniers contre le sol ou les murs.

Des pratiques pourtant toutes reniées par les commerçants de ces animaleries, mais qui ne cessent de fuiter depuis des années dans les bouches de certains ex-vendeurs.

L’acheteur serait-il trop utopique?
Alors quand-bien même nous aurions envie de placer toute notre bonne foi envers ces vendeurs, comment pourrions-nous imaginer autrement l’équation animaux + maladie ou trop âgé = invendables? Dans certains cas, il arrive que des enseignes tentent de brader, voir de donner des animaux encombrants qui leur seraient restés sur les bras. Parfois certains vendeurs en récupèrent également pour les placer autour d’eux et principalement pour les donner aux serpents. Dans d’autres cas, les animaleries bénéficient tout de même de visites vétérinaires et tentent de soigner ce qu’ils peuvent sur les animaux qui ont le plus de valeur et euthanasient ceux qui coûtent plus cher à soigner qu’à revendre.

Pourtant quand on voit le nombre de petits rongeurs, qui sont si nombreux par cargaisons et qui en quelques mois seulement disparaissent intégralement de leur rayon, une question subsiste: ou finissent-ils?

Sachant que pour limiter les pertes financières, il y a de moins en moins de souris ou de rats de couleurs. Les animaux de couleurs étant plus coûteux, et les petits rongeurs étant les plus consommé(e)s par les serpents, il est naturel pour le propriétaire du reptile d’aller au moins cher, c’est à dire d’acheter de l’albinos.

Seulement que deviennent tous ces rongeurs invendus? Combien de propriétaires de serpents passent réellement se servir par jour pour que tous les stocks de ces animaux soient aussi vite écoulés? Et combien d’acheteurs prennent réellement de rats ou de souris, majoritairement albinos? En tout cas, même si l’on ignore la demande, on se doute bien que la France n’est pas peuplée de serpents et que toutes les familles n’ont pas de souris albinos chez elles… Sachant que la longévité d’un petit rongeur est très courte, et que pour cette raison aucun acheteur ne doit payer d’animal trop âgé, les solutions se doivent d’être simples et rapides. Il serait donc grand temps pour nous d’arrêter de se faire prendre pour des jambons!

Ces solutions radicales, nous les avons citées mais nos confrères de laterredabord ont eux aussi récolté un témoignage en 2012.
Il s’agissait alors du témoignage d’une femme anonyme qui avait quitté une grande enseigne connue après avoir aperçu l’envers du décor.

En voici quelques extraits:

« Les horreurs que j’ai vues là bas, additionnées à celles que l’on m’a racontées sont d’une barbarie indescriptible. Par exemple: un oiseau au plumage abîmé s’est fait “dévisser” la tête, une souris malade a été projetée contre les murs (c’était la méthode appliquée aux petits rongeurs en général), tous les matins les poissons morts (ça se compte en dizaines) devaient être placés dans un congélateur pour des mesures d’hygiène, mais tous les poissons malades ou avec des malformations y passaient vivants. », « La quantité d’animaux tués par semaine est exorbitante, malgré la bonne volonté de quelques vendeurs, tout le business était dirigé par des sadiques. »

« Un matin nous avons eu un retour d’un lapin nain acheté la veille. Une des vendeuse, consciente du sort réservé à l’animal s’est proposée de l’adopter. Je suis partie déjeuner avec elle et à notre retour, la vétérinaire était passée et avait piqué le lapin. J’étais choquée. A mon sens un vétérinaire capable d’euthanasier un animal jeune et en pleine santé a tout intérêt à se reconvertir dans la charcuterie. »

« Sinon de manière générale, les animaux de valeur sont soignés : chiens, chats, lapins, furets, perroquets, certains poissons. Mais on m’a clairement fait comprendre que pour les poissons à 1 euro, le traitement coûte plus cher que la perte du poisson (il en va de même pour les rongeurs peu coûteux comme les souris.)

Ce témoignage, que vous pouvez retrouver dans son intégralité sur La Terre d’abord n’est pourtant pas un cas isolé… Bien que l’on aimerait penser le contraire, il faut rester lucide à propos du sort de ces animaux. Si les vendeurs de ces magasins paraissent les aimer ou bien s’en occuper, c’est parce qu’ils ont tout à gagner à vous les vendre. Seulement ne vous laissez pas duper. Comment peut-on aimer les animaux si l’on gagne sa vie en marchandant les leurs? Posons-nous les bonnes questions.

Alors comment faire pour éviter tout cela?
Si vous souhaitez éviter à l’avenir de commettre des erreurs, voici quelques conseils à suivre. Tout comme pour les chiens et chats, n’achetez pas en animalerie, adoptez! Bon nombre de refuges se sont spécialisés dans les rongeurs et les NAC, il suffit de se renseigner.

Ensuite, si vous connaissez quelqu’un qui souhaite ramener son animal en animalerie, faites tout votre possible pour l’en décourager (sinon pour des questions sanitaires il sera euthanasié par l’enseigne qui l’aura repris.)

Et pour finir, la question d’acheter un animal mal en point dans le but de lui sauver la vie, est un sujet qui fait souvent débat. En ce qui concerne cette interrogation, nous préférons vous laisser en décider. En effet acheter un animal pour le sauver revient à financer l’animalerie… Cependant lorsque l’un d’entre eux est en souffrance et qu’exceptionnellement l’animalerie vous laisse le prendre, il est naturel lorsqu’on a de l’empathie d’avoir envie de l’extirper de son calvaire…. Nul ne peut vous juger pour ça.

En tout cas, quoi qu’il en soit, si vous devez retenir une chose à propos de ce business déroutant, c’est que tous ces animaux ne peuvent être vendus et ne peuvent non plus être soignés ou gardés par les animaleries. Vous devez rester lucides concernant les sorts de ces derniers et des actions devraient être mises en place pour prévenir les acheteurs des répercussions de leurs actes, sans quoi le massacre perdurera dans le silence le plus total…

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