Viande in vitro: une nouvelle étude concernant son impact écologique!

Vous le savez, l’élevage et la consommation de viande font de plus en plus souvent l’objet de débats; notamment en raison des gaz à effet de serre si problématiques et de la souffrance animale qui en découle. C’est donc pour ces raisons que depuis peu, les chercheurs s’obstinent à trouver des alternatives à cette dernière afin de satisfaire les personnes qui ne se sentent pas capables de modifier leur alimentation carnassière. C’est le cas notamment avec la fabrication de viande « in vitro » qui jusque-là était perçue comme l’alternative par excellence aux failles de l’élevage. Une viande artificielle qui d’après une récente étude, ne serait pourtant guère mieux d’un point de vue écologique.

Le principe consiste à cultiver la viande à partir de cellules souches élevées dans des boîtes de Petri et arrosée de divers additifs pour améliorer sa texture. Les raisons qui motivent les scientifiques à fabriquer de la viande modifiée sont simples: elle se veut plus éthique, puisqu’elle ne nécessite pas de tuer d’animaux ni d’en élever. C’est donc en se basant sur ces principes que de nombreuses startups telles que Memphis Meats, Mosa Meat, Future Meat Technologies ou Aleph Farms se sont lancées dans la fabrication de viande artificielle, dont certaines sont financées par des milliardaires et des célébrités. Parmi elles, la startup japonaise Integriculture a même promis un foie gras artificiel pour 2021.

Seulement, le plan séduction, est loin d’être au point: 
En effet, selon une nouvelle étude de l’université d’Oxford publiée dans la revue Frontiers in Sustainable Food Systems, le steak artificiel ne serait pas aussi parfait qu’il en a l’air. En plus de ne pas beaucoup séduire les futurs consommateurs ce dernier serait également plus polluant à horizon 1.000 ans! En effet, selon les scientifiques, la production de viande en laboratoire peut à long terme nuire davantage au climat que la viande de bétail, car si la viande traditionnelle contribue à faire monter les températures, la viande cultivée, elle, peut aggraver les choses dans certaines circonstances.

Cette nouvelle étude a examiné les conséquences à long terme sur le climat de la viande cultivée par rapport à la viande de bétail. Selon les scientifiques, les études précédentes avaient eu tendance à examiner les différentes émissions provenant des bovins et à les convertir en leur équivalent en dioxyde de carbone, ce qui serait une erreur.

L’équipe affirme que cela ne vous donne pas une image complète, car le méthane et l’oxyde nitreux ont des impacts différents sur le climat.
« Par tonne émise, le méthane a un impact de réchauffement beaucoup plus important que le dioxyde de carbone. Cependant, il ne reste dans l’atmosphère que pendant environ 12 ans, alors que le dioxyde de carbone persiste et s’accumule pendant des millénaires », a déclaré le co-auteur, Raymond Pierrehumbert.

« Cela signifie que l’impact du méthane sur le réchauffement à long terme n’est pas cumulatif et est grandement affecté si les émissions augmentent ou diminuent avec le temps. » poursuit-t-il.

Le modèle climatique des scientifiques a révélé que, dans certaines circonstances et a très long terme, la fabrication de viande de laboratoire peut entraîner un réchauffement accru.

Bien qu’il soit compliqué d’évaluer une consommation aussi lointaine, ce n’est pas la première fois que l’intérêt écologique de la viande in vitro est mis en cause. En 2015, une étude publiée dans la revue Environnement Science & Technologie avait déjà conclu que la viande in vitro nécessitait plus d’énergie que l’élevage de bœufs, de porc ou de poulet.

Un rythme de production et de consommation a évaluer avec prudence:
En réalité, pour estimer l’impact de chaque mode de production, tout dépendra de plusieurs facteurs, comme: du type d’énergie utilisée pour cultiver les cellules de viande, des méthodes de fabrication et encore de la demande (exactement comme pour l’élevage.)

Outre tout cela, « c’est tout un système de production à évaluer avec de nombreux facteurs qui restent à prendre en compte concernant sa fabrication, tels que les hormones, les facteurs de croissance, le sérum de veau fœtal, les antibiotiques et les fongicides qui vont se retrouver dans les eaux usées des usines « , critique ainsi Jean-François Hocquette, chercheur à l’Inra qui a coordonné en 2015 une étude sur le sujet et pour qui il existe bien d’autres solutions plus accessibles pour nourrir l’humanité tout en respectant l’environnement et les animaux.

Des suggestions qui ne se posent même pas du côté des vegans, pour qui la demande de protéines animales n’est plus nécessaire en 2019, qu’elle soit artificielle ou non.

Enfin concernant la viande in vitro, elle est loin d’avoir conquis nos assiettes et supermarchés, premièrement en raison du fait qu’elle manque encore de mise au point et d’études sur son impact environnemental et secondement en raison de son prix exorbitant. Le premier steak de Mark Post, un pharmacologue néerlandais, s’est ainsi vendu 250 000 euros en 2013. En 2017, le prix au kilogramme était estimé aux alentours de 15 000 euros.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s