La nouvelle menace qui pèse sur la couche d’ozone: le chloroforme!

Le sujet « couche d’ozone » a toujours été sur toutes les lèvres, et plus particulièrement ces derniers temps, tandis que l’on se réjouissait de la résorption de son trou. Pourtant, en dépit d’une solution amenée par le protocole de Montréal bannissant les CFC, une nouvelle catégorie de gaz vient de s’ajouter à la liste des menaces. Les émissions de chloroforme en forte hausse révélées par des scientifiques alarmés pourraient retarder la reconstruction de la couche d’ozone de huit ans.

Tout a commencé par une bonne nouvelle concernant la couche d’ozone. Grâce au protocole de Montréal qui interdit la production de gaz CFC et HCFC, les experts envisageaient un retour de celle-ci à son état précédant les années 1980, d’ici 2030 dans l’hémisphère Nord et 2050 dans l’hémisphère Sud.

Seulement voilà, il semblerait qu’une nouvelle menace pèse à nouveau sur l’ozone: le chloroforme. On pensait qu’avec l’affaire des CFC classée, la couche d’ozone serait tranquille. Souvenez-vous, les CFC étaient des gaz extrêmement polluants qui creusaient le trou dans la couche d’ozone, et qui ont été supprimés progressivement, notamment grâce au protocole de Montréal, premier accord environnemental incluant la plupart des pays de la planète, en 2009. Depuis, le trou de la couche d’ozone a commencé à se résorber et l’on s’en réjouissait.

Mais la joie a déjà laissé place à une nouvelle inquiétude, suite à une récente étude du MIT, publiée dans Nature Geoscience, qui a révélé une augmentation inquiétante des émissions de chloroforme dans l’atmosphère, pouvant retarder la reconstruction de la couche d’ozone, jusqu’à huit ans, si la hausse des émissions perdure à son rythme actuel.

Un gaz dont on ne se méfiait pas assez:
Le chloroforme est un gaz surtout utilisé (95 % des volumes produits) comme agent de synthèse du chlorodifluorométhane, ce dernier étant employé comme réfrigérant et comme intermédiaire de synthèse des fluoropolymères (Teflon, etc.).

Dans une faible proportion, le chloroforme est utilisé comme composant d’extincteurs chimiques, solvant, agent d’extraction industriel, agent de purification de produits pharmaceutiques et cosmétiques, et réactifs de laboratoires d’analyses chimiques.

Le chloroforme a été longtemps utilisé en anesthésie, mais son usage a été délaissé complètement, au profit de produits comportant moins de risques.

Par ailleurs, il est produit involontairement lors de la désinfection de l’eau par des procédés au chlore.

Il est déjà connu pour ses effets sur l’ozone, mais il avait été exclu du protocole de Montréal car sa durée de vie dans l’atmosphère était considérée comme trop faible pour avoir un impact significatif en comparaison avec les CFC.

Un choix remis en cause, selon les récentes études des chercheurs qui ont constaté une brutale augmentation des émissions de chloroforme entre 2010 et 2015, passant de 270.000 tonnes par an durant la décennie précédente à 324.000 tonnes en 2015.

La Chine en partie responsable de cette hausse: 
Les chercheurs ont conclu que les principales sources d’émission se situeraient probablement à l’est de la Chine. Une région en proie à la mousson et aux typhons, ce qui aggraverait la dispersion du chloroforme dans la stratosphère. Une piste qui fait actuellement l’objet d’une enquête, mais certains scientifiques souhaitent déjà réclamer un amendement au protocole de Montréal pour interdire ces nouveaux gaz.

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