Allez-vous finir par manger du coton génétiquement modifié?

Et si le coton était l’avenir de l’alimentation? C’est la question qu’on est en droit de se poser quand on sait que le département de l’Agriculture des États-Unis vient d’autoriser la commercialisation d’un coton à qui l’on a retiré, la toxine qui le rend impropre à la consommation humaine. Un projet qui ne risque pas de faire beaucoup d’adeptes en Europe.

Quand on parle de coton, on ne parle pas bien sûr de la fibre, utilisée pour confectionner des tissus, mais bien de la graine de cette plante, actuellement impropre à la consommation. Le coton génétiquement modifié qui est présenté comme une nouveauté alimentaire a été dénué de gossypol, une toxine dont l’extraction faisait déjà l’objet d’études depuis de nombreuses années.

C’est donc un vieux projet qui est en train d’aboutir avec la commercialisation des Etats-unis, du coton TAM66274, une variété génétiquement modifiée à très faible teneur en gossypol.

La graine de coton, une alternative protéinée?
Pourquoi est-ce que les scientifiques cherchent à nous faire manger du coton en dépit du fait qu’il soit toxique? Et bien la réponse vient du fait que la graine de coton contient 23 % de protéines et pourrait devenir une alternative protéinée dans l’alimentation humaine. Sachant que seuls les ruminants digéraient jusqu’à ce jour la toxine qui le rendait impropre à l’humain.

« Si tout le coton actuellement cultivé était remplacé par une variété comestible, nous aurions de quoi couvrir les besoins quotidiens en protéines de 600 millions de personnes », assure Kater Hake, le vice-président de Cotton Inc, une association de recherche et marketing à destination des agriculteurs et qui cofinance le projet. Un projet qui a vu le jour grâce au chercheur américain Keerti Rathore de l’université du Texasun pour qui le coton alimentaire représente un aliment futuriste.

L’Europe ne risque pas d’en vouloir tout de suite:
Si Keerti Rathore juge son coton futuriste, pas certain qu’en Europe ou qu’en France beaucoup veuillent l’adopter en raison de la réticence des pays membres envers les OGM.

La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a d’ailleurs rendu le 25 juillet dernier un avis défavorable sur les produits issus des nouvelles techniques de mutagenèse , jugeant que ces derniers devaient être soumis à la même réglementation que les OGM classiques.

Une méfiance qu’a du mal à comprendre Keerti Rathore :
« 821 millions de personnes sont en situation de malnutrition dans le monde et avec le réchauffement climatique, cela ne va faire que s’empirer », se défend-t’il « Je pense qu’il s’agit plus d’une opposition aux multinationales qu’aux OGM ». « Il n’y a aucun sens à conserver une molécule toxique dans une plante domestiquée ». A t’il conclut.

Alors, convaincus?

Pas si sûr, car le chemin reste long avant de pouvoir en faire un véritable business et une vraie alternative. Le coton alimentaire c’est donc bien, mais ce n’est probablement pas dans nos assiettes pour demain!


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